La fin de la télévision – Jean-Louis Missika

Dans La fin de la télévision, Jean-Louis Missika décrypte les évolutions du monde de la télévision de son invention à nos jours, et explique comment la télévision va disparaître, à l’heure où les écrans et les images sont omniprésents.

Une présentation chronologique des évolutions de la télévision permet à l’auteur de montrer le déclin de la dimension éditoriale de la télévision et la perte d’influence de ceux qui véhiculent ces messages: chaînes, présentateurs et animateurs en tous genres. En effet, selon Jean-Louis Missika, des années 1950 aux années 1980/90, on est passé d’un univers dans lequel la télévision était une institution de transfert de savoirs et de connaissances, fortement contrôlée par les pouvoirs en place (la paléo-télévision), à une télévision de plus en plus proche du téléspectateur, dans laquelle ce dernier s’invite à l’écran (la néo-télévision). L’évolution s’est poursuivie avec l’apparition d’une télévision encore plus proche du téléspectateur, fusionnelle, dans laquelle seul compte le fait d’être à la télévision (la post-télévision). En conséquence, il est maintenant plus important de coller aux attentes et émotions du public que de faire passer des messages.

Comment en est-on arrivé là? Ces changements ont-ils été imposés par les chaînes de télévision, ou bien la télévision a-t-elle accompagné un ensemble de mutations inévitables?

Selon Jean-Louis Missika, trois fais expliquent ces glissements: la démédiation, la dépendance, et la déprofessionnalisation.

La démédiation est pour la télévision la perte progressive de son statut d’acteur économique incontournable. Quand des centaines de chaînes sont accessibles par ondes hertziennes, par câble, ou par satellite, l’offre devient hyper-segmentée, et en conséquence, l’audience se fractionne. Ce fractionnement pénalise les grandes chaînes (sans pour autant conforter la situation des petites) dans la course à l’audience, nécessaire pour négocier aussi bien avec les producteurs de contenus que les annonceurs.

Dans le même temps, les producteurs de contenus ont revu leurs positions en capitalisant sur leurs compétences-clés et sont dorénavant dans une situation de force par rapport aux chaînes, créant pour la télévision une situation de dépendance. Un exemple? La Champion’s League, événement international, a noué un partenariat avec Playstation, partenariat que les (nombreuses) chaînes de télévision doivent accepter afin d’obtenir les droits de retransmission de l’événement.

Ce phénomène de dépendance est renforcé par l’apparition de supports concurrents de la télévision: des acteurs comme les