Loi vs Droit : la terreur orwellienne

«À chaque femme martyrisée dans le monde je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française.» affirmait Nicolas Sarkozy en avril 2007.

Le jeudi 4 mars 2010 : Assemblée nationale va examiner une proposition de loi sur les violences faites aux femmes.

Le Figaro du 24 février 2010 : Nadine Morano, la secrétaire d’État chargée de la famille et de la solidarité déclarait : « Il y a urgence. Une liste funeste des femmes qui meurent sous les coups de leur conjoint s’égrène dans la presse quotidienne régionale. C’est intolérable. »

Le samedi 21 février 2010 à 4h10, Najlae, une Marocaine de 19 ans qui a fui son pays à l’âge de 14 ans afin d’éviter un mariage arrangé par son père, vient d’être expulsée sur ordre de la préfecture du Loiret.

Son tord est d’avoir franchi la porte de la gendarmerie de Château-Renard pour y déposer une plainte contre son frère qui l’avait, deux jours auparavant, rouée de coups. « Ce n’était pas la première fois…» témoignait la mère d’une de ses copines.

Après vérification d’identité, la gendarmerie constate qu’elle est en situation irrégulière. La préfecture est prévenue et Najlae est mise en garde à vue avant d’être expulsé vers le Maroc où elle a été de nouveau arrêtée dans l’attente de son jugement.

En quelques mois dans le Loiret, c’est le quatrième cas de femme battue qui est menacée d’expulsion ou expulsée.

Une femme « sans-papiers » est-elle une femme ?
Ne vaut-il pas mieux un mariage forcé au Maroc qu’une sans-papiers en France ?
Où sont les grands théoricien(e)s du combat contre l’obscurantisme, le voile, la soumission de la femme… ?
Jusqu’où peut-on aller dans l’intolérable ?

Mercredi 3 mars sort sur les écrans « Rafles », un film sur la rafle du Veld’hiv du 23 juillet 1942. Un film pour ne pas oublier, dit-on !