A quand la déflation ?

Le système économique américain est fondé sur le capitalisme. La machine est grippée. Il faut la remettre en route. L’État fédéral intervient et pousse très loin son intervention : AIG, GM, 1000 milliards…

Le sentiment que les « choses » changent en profondeur, invisible mais présent, se mélange avec cette odeur de putréfaction que tout le monde de ce vieux capitalisme industriel transcendé dans un capitalisme financier, virtuel et indépendant de l’économie réelle. Un mélange contre nature mais incontournable. État superposé de la poutre vermoulue et la poutre neuve pas encore façonnée par le temps. Des preuves à faire qui laissent toujours beaucoup de place à l’espoir politique et non à l’espérance conditionnée par le religieux obscur et trompeur.

Amoralité congénitale

Mais le capitalisme par définition est AMORAL. un banquier est amoral. Un patron d’une grande entreprise multinationale est amoral. Le capitalisme est un système économique et social dont les principales caractéristiques sont la propriété privée des moyens de production et la recherche du profit et de sa justification. Un patron, un banquier qui posséderait une conscience un tant soit peu morale n’est ni un oxymore, ni une antinomie mais un futur chomeur .

Dans cette période de crise aigue, quand un trader d’un banque en quasi faillite touche plusieurs millions de bonus et si son contrat de travail le stipulait sans restriction, juridiquement c’est légal, moralement c’est intolérable.

John Dos Passos, auteur d’un roman sur les débuts du XXe siècle aux U.S.A, « 42éme parallèle » écrivait : « Le seul homme qui tire profit du capitalisme est l’escroc, et il devient millionnaire en un rien de temps. »

Madoff, le fou déconnecté…

Ce n’est pas un détail. Frank Borman dans le magazine The Observer affirmait qu' »un capitalisme sans banqueroute est comme un christianisme sans enfer. » Ce capitalisme déconnecté de toute réalité est devenu une roue folle écrasant tout sur son passage sans que personne n’a voulu ou n’a pu la stopper.

Après les banques les premières sociétés qui ont dévissées sont les entreprises automobiles, de General Motor à Toyota en passant par Peugeot. Une fin pour les emblèmes des révolutions industrielles et du rêve américain.

Le monde ancien n’est-il pas en train de s’écrouler ?

Claire Boulay

(*) Etre amoral(e) c’est être sans moral : »Actionnaire : personne morale amorale, affectée d’un trouble oculaire spécifique : dans des comptes financiers, elle ne peut lire que la ligne du bas, celle du résultat. » – Luc Fayard (Extrait du Dictionnaire impertinent des branchés)

« Le capitalisme est un moment particulier de l’histoire humaine où la technique et la sciences sont dévoyées vers la surproductivité du travail , où la croissance de la production des marchandises supposée répondre aux besoins devient infinie , et où l’argent , ne servant qu’à accumuler plus d’argent , devient infinie, et où l’argent ne servant qu’à accumuler plus d’argent , devient aussi une fin en soi. Il est donc un moment sans autre finalité que celle d’accumuler des biens matériels et d’économiser du temps – c’est le sens de l’augmentation de la productivité« .