Taiseux, il recommence sans dire mot

J’ai décidé de repartir à zéro. Un nouveau blog. Il commence par un silence. Un bug interminable. Des insectes électroniques construisent une transformation silencieuse. Une danse de deux. Zéro et un. Une danse sans musique à pas feutrés.

Le monde se nanonise. Il est infiniment petit pendant que ses paradoxes surgissent, immenses. Le capitalisme trouve la planète trop petite à son goût. Les explorateurs n’ont plus rien à découvrir que soit même. L’espoir n’est pas une utopie sur laquelle le rêve se fixe. La transformation silencieuse absorbe les veilles structures de béton et de fer. Elle ne les a pas encore digéré. L’avenir n’est plus prévisible parce que le passé n’a pas préparé sa succession.

Les politiques n’ont plus de voix. Ils ont perdu le pouvoir des idées. Ils en meurent. Ils deviennent pathétiques avec leurs discours incohérents déconnectés de toute réalité.

L’artiste, lui se voit voler sa gloire par des pipoles à l’insignifiance abyssale. L’apparence s’est installée. La pensée est tunique. Elle s’habille de mots sans sonorité qui ne sonnent plus le dialogue. Les syllabes sont muettes.

Les banquiers eux se font discrets. Presque invisibles. La bourse spécule en fraction de seconde. Avant un million d’euros se faisant en une transaction. Maintenant, il se ramasse en un million de fois un centième de seconde. L’algorithme a supplanté le cerveau. Il gère l’instant infime de la variation.

Les puces sont silencieuses. Elles se blottissent dans tous les recoins de l’univers. De nos univers. Elles se collent aux synapses de notre cerveau. Elles déviennent la circulation des flux cérébraux. Nous cohabitons avec nous même dans deux mondes parallèles. Deux univers qui se longent, qui se précédent, qui se suivent sans jamais se rencontrer et qui ne peuvent exister l’un sans l’autre. A l’instar de « La fin des temps » de Haruki Murakami, l’homme doit se débarrasser de son ombre pour oublier ses angoisses. Mais le corps comme son ombre ne peuvent exister que reliés par une ligne imaginaire. Un fil sans épaisseur qui procure une texture complexe à la vie.

« Même s’il n’y avait personne pour s’attrister de ma disparition, même si je ne laissais de vide dans aucun coeur, ou même si presque personne ne s’apercevait que je n’étais plus là, c’était uniquement mon problème. C’est sûr, j’avais déjà perdu trop de choses dans ma vie. Au point qu’il ne me restait à peu près plus que moi même à perdre. Mais, tout au fond de moi, la trace des choses perdues continuait à irradier sa lumière, et c’est ce qui avait nourri ma vie jusqu’à maintenant. Je ne voulais pas disparaître de ce monde. »[La fin des temps – Haruki Murakami]

Ces puces construisent leurs renommées dans le silence.